Archives de catégorie : Yoga de A à Z

Dynamique du Feu – Purification – Pacification

Dynamique du Feu/Purification/Pacification

Je vous propose un résumé d’un article très intéressant de David Frawley sur Agni (https://vedanet.com/…/06/13/agni-and-the-fire-of-self-inqu…/)

La recherche du Soi (Atma-Vichara), enseigné  par le sage Bhagavan Ramana Maharshi est considéré comme étant le chemin le plus direct à la Réalisation du Soi (l’objectif du Yoga). Cependant cette recherche du Soi peut s’avérer assez difficile, même après plusieurs années de pratique. Elle requiert une grande puissance de concentration ainsi que d’un très fort désir de libération. On peut dire que la recherche du Soi demande une certaine flamme. Cela demande que nous devenions cette flamme et que notre manière de vivre lui soit dédiée. Sans ce feu intérieur, la réalisation du Soi pourrait nous échapper quoi que  nous puissions tenter. Cependant, il est important de comprendre que la Recherche du Soi est pas seulement une pratique de l’esprit, mais surtout un mouvement énergétique de conscience qui s’élève comme un grand feu.

 La Recherche du Soi Universel

Aujourd’hui, il est très facile de confondre la recherche du Soi avec une recherche introspective, une exploration intérieure temporelle de l’ego avec ses peurs et ses désirs. Et de confondre la compréhension de nos propres traumas pour trouver un état de paix, de clarté et de joie avec la vraie réalisation du Soi. Toutefois, selon le Vedanta, le Vrai Soi que nous recherchons à réaliser n’est pas un soi réduit à l’humain, mais un soi présent dans tous les êtres vivants, et dans l’univers entier. Ce soi, témoin de tous les temps et de tous les espaces qui transcende notre psychologie. Le vrai Soi ressemble plus aux grands éléments de la nature comme le feu, le vent ou le soleil qu’à nos pensées ou émotions personnelles.  Cette recherche transcendantale du Soi est bien différente d’une étude psychologique même si cette dernière participe dans un stade préliminaire à cette recherche. Il arrive que notre approche se réduise également à des concepts philosophiques comme s’il était possible d’appréhender les phénomènes cosmiques avec un esprit rationnel. Ces deux manières d’aborder la question ne prennent pas en considération le fait que le Soi a le pouvoir de consumer l’esprit et qu’il ne peut être approché ni avec un esprit logique, ni dans la dialectique.

Pour questionner profondément ce que nous sommes réellement, il est important de créer une friction au cœur du mental qui va naturellement provoquer le feu intérieur. La question de « qui suis-je ? » est finalement l’embrasement ultime de l’esprit, qui va attiser la flamme intérieure qui consume toutes les autres questions ou doutes, comme un feu qui se répand sur de l’herbe sèche. Ce qui va nous entraîner au coeur du feu dans le cœur de l’esprit, pour se révéler une lumière indestructible dans le OM (le son originel). Le Soi universel de pure lumière réside profondément en nous  et est le but de notre recherche.

La Recherche du Soi comme un Yajna ou Sacrifice par le Feu

Le Soi dans les textes des Vedas et des Upanishads est souvent symbolisé par le Feu (Agni). Le « Rig Veda » commence par la célébration d’Agni, qui la déité de la célébration. Mais qui est cet Agni et quelle est la nature de cette célébration ?

Il existe de nombreuses formes d’Agni dans la philosophie védique. Agni extérieurement est considéré comme le feu ou la lumière et intérieurement comme la vie. Du point de vue védique, Agni possède trois formes cosmiques (adhidaivic)  comme le feu, l’éclair et le soleil qui sont les forces dominantes des trois mondes : la terre, l’atmosphère et le ciel. Ce sont les trois lumières de la nature et les trois manifestations de Paratman, le Soi suprême, la lumière de tous les mondes.

De plus, Agni possède trois formes intérieures (adhyatmic)  que sont la parole (vak), le prana et l’intelligence (Buddhi), qui sont les forces dominantes des trois aspects du corps, de la vie et de l’esprit. Ce sont les trois lumières de notre nature intérieure et les trois manifestations de notre âme ou Jivatman, la conscience ou lumière intérieure.

Ces trois formes intérieures d’Agni créent les trois chemins principaux de la pratique du Yoga. La parole d’Agni est le Mantra Yoga ou la répétition de sons sacrés comme le « OM » ou Gayatri mantra. La pratique des mantras créée un feu intérieur qui participe à la purification du subconscient et rend l’esprit réceptif à la méditation. La forme d’Agni dans le prana est la base de la pratique du Prana Yoga qui va défaire les nœuds (granthis) du cœur. La forme d’Agi dans l’intelligence s’exprime par le yoga de la méditation ou Dyana Yoga. Cette intelligence du feu va favoriser notre esprit de discernement et nous permettre de distinguer la vérité de l’imposture, la réalité de la non-réalité, du Soi et du non-soi. Ces trois formes d’Agni et leurs expressions yogiques nous mènent à Jivatman, le Soi individuel et nous aident à comprendre que son origine réside dans Paramatman ou le Soi Supreme.

Il existe de nombreux yajnas védiques ou pratiques de célébration par le feu, à la fois extérieures et intérieures. Les Yajnas extérieurs sont souvent réalisés sous forme d’offrande (Bois, ghee, lait ou riz) dans un feu sacré. Les Yajnas intérieurs consistent en des offrandes de la parole (mantra), respiration (prana) et intelligence (méditation) à nos feux intérieurs. Les pratiques védiques du yoga dans le mantra, le pranayama et la méditation sont les trois principaux yajnas intérieurs. Le yoga lui-même est une célébration intérieure dans toutes ses formes. Le quatrième chapitre de la Bhagavad Gita explique ces différentes célébrations intérieures qui reflètent les différentes pratiques du yoga incluant le pranayama (prana yajna), pratyahara (Indriya-yajna), dharana (Mano-yajna) et dhyana (Buddhi-yajna). Chacune d’elle étant liée à une certaine forme ou aspect d’Agni.

La célébration la plus élevée est Atma-yajna dans laquelle nous offrons notre ego au Soi. C’est également la forme la plus élevée de méditation ou de célébration de Buddhi, étant donné que l’ego est à la base de l’esprit. Pour cette célébration, Agni devient Atman ou le vrai Soi dans le cœur. La recherche du Soi est peut-être la forme ultime d’Atma-yajna ou la célébration du Soi, dans laquelle l’ego va se consumer directement. Il est également appelé sacrifice de la connaissance (Jnana-yajna) qui s’opère dans la puissance du feu de la connaissance du soi (Jananagni).

Ainsi que la Gita l’explique : Le sacrifice de la connaissance (Jnana-yajna) est de loin préférable à toutes les autres célébrations. Toutes les actions sont contenues dans la connaissance. Tout comme le feu enflamme le bois sec et le transforme en cendres, le feu de la connaissance transforme tous les karmas en cendres. Bhagavad Gita IV. 33, 37

Brahman est le processus de l’offrande. Brahman est la substance offerte. Brahman est celui qui fait l’offrande et celui qui place l’offrande dans le feu de Brahman. Brahman est seulement atteint dans l’action d’absorption de Brahman. Gita IV.24.

Si nous considérons la recherche du Soi du point de vue  du sacrifice du Soi ou Atma-yajna, nous obtenons une nouvelle perspective qui va permettre d’approfondir notre pratique au-delà des complications qu’entraîne notre mental.

La flamme dans le cœur

Non seulement les Vedas assimile le Soi avec le Feu, mais ils l’assimilent également avec le coeur., qui est l’assise du Soi. Le Soi disent les textes existent comme une flamme de la taille d’un puce dans le cœur. Cette petite flamme dans le cœur est la personne réelle, la puissance et la présence qui permet au cœur et à l’esprit de fonctionner. Elle est comme la veilleuse d’une cuisinière qui allume tous les brûleurs. La lumière du Soi allume tous les feux du corps, du prana, des sens et de l’esprit. Même le feu digestif ne peut fonctionner que grâce à son support.

Cette flamme du Soi nous soutient dans tous les états de notre existence : l’éveil, le rêve et le sommeil profond et dans le processus entier de la naissance et de la mort. Même le prana et les forces de vie ne sont rien d’autre que sa manifestation. Cette flamme quitte le corps lors de la mort et transporte les samskaras (les tendances résiduelles subconscientes) qui vont nous propulser vers une autre naissance. Ce n’est que lorsque le Soi est totalement réalisé et a complètement fusionné avec le feu intérieur que l’on peut échapper à ce processus.

Le Soi dans le cœur est clairement expliqué dans le Narayana Sukta :

 « Au centre du cœur se trouve un grand feu (Mahan Agni) qui contient toutes les lumières et voientde tous les côtés. C’est le premier mangeur et la demeure de toute nourriture, le voyant impérissable. Il apporte la chaleur au corps entier, des pieds à la tête.

David Frawley

Dynamique du Feu – Purification – Pacification

 

Cours Hebdomadaires

Cours hebdomadaires année 2016/2017

Le Yoga s’adresse à toutes et à tous (quels que soient l’âge et la condition physique) et n’exige pas d’expérience pour le découvrir. La régularité de la pratique est un facteur important pour obtenir des bienfaits tangibles.

Merci de venir habillé en blanc – Cours tout l’été

Journée anniversaire Yoga 2015_copie7
Yoga – Connangles

Lundi soir : 18h30/20h00

Mardi Matin : 9h30/11h00

Jeudi Soir : 18h00/19h30

Tarifs :  Adultes  : Carte de 10 séances avec validité de 4 mois (110 euros) avec inscription à l’Association Fleur de Lotus : 20 euros/an – Carte de 10 séances avec validité de 6 mois (130 euros) avec inscription à l’Association Fleur de Lotus : 20 euros/an – A la séance 14 euros.

Tapis_Yoga2Lundi matin  (2h00) Cours de Yoga « Remise en Forme » : (perte de poids, tonicité musculaire …) avec comme programme type : Échauffements , travail de renforcement musculaire ciblé avec exercices en intérieur et/ou en extérieur (par exemple, exercices de musculation du ventre, des fessiers, du dos, des épaules en pilates…, marche rapide ou petite course en fractionné), étirements, hygiène de vie, respiration de nettoyage et relaxation. 15€ la séance: abonnement possible: 13€ la séance pour 10 séances.

Les couvertures et tapis sont fournis et la salle est confortable (70m2) et chauffée. Chaque cours dure de 1h15 à 1h30

Chaque personne s’inscrit à un ou des cours spécifiques par semaine, si pour une raison ou une autre, elle ne peut pas assister à son cours, elle peut participer sur demande à un autre cours sur un autre horaire.  Inscription préalable au 06 19 97 18 97 

———————————————————————–
img_1087-copieCours Hebdomadaires Beaune/Arzon- 
Cours tout l’été

Mardi après-midi : 13h50 – 15h20 

Inscription préalable au 06 19 97 18 97 

————————————————————-
img_6070-copie
Cours Hebdomadaires à Allègre Salle Georges Sand  Mercredi 20h15 – 21h30

Renseignements/inscription  : association Agumaaa  agumaaa@orange.fr – 04 71 00 76 01 –agumaaa.jimdo.com.

 Dates des cours été 2017 : Mercredi : 12 Juillet /19 Juillet / 26 Juillet /02 Août / 09 Août / 16 Août / 23 Août

Ensuite pas de yoga les 30 Août / 06 Septembre

Reprise Mercredi 13 Septembre pour l’année 2017/2018

————————————————————-

Cours Hebdomadaires

Yoga de A à Z

Ce mini-dictionnaire du Yoga de A à Z est conçu pour être picoré selon vos envies de connaître tel ou tel sujet. L’idée est de développer les idées du Yoga et de donner envie d’appréhender et d’approfondir cette philosophie de vie. Les articles vont s’ajouter les uns aux autres et je ne vais pas forcément commencer au A pour aller au Z, mais selon l’inspiration toutes les lettres vont offrir une nouvelle porte sur le yoga.

A – Aphorismes (sutras) de Patanjali

patanjali dessin Les Yoga-sutras de Patanjali constituent les règles de base du yoga. Patanjali serait pour les Indiens l’avatar d’Ananta, le serpent (l’éternité). En Inde, le serpent représente la sagesse. Par sa capacité à muer, il est le symbole de la renaissance initiatique.Selon Patanjali, le yoga est un système scientifique qui à travers la discipline et l’auto-analyse permet à l’homme de se réaliser complètement.

 Les Yoga Sutras de PATANJALI

Les YOGA SUTRAS de PATANJALI  sont dégagés de toute appartenance à une croyance particulière, et constituent un texte UNIVERSEL et INTEMPOREL qui répond à la demande d’une véritable connaissance de soi (ou spiritualité).

 Cet enseignement s’adresse à tous mais il prend réellement sens dans la démarche d’une pratique soutenue. Seule l’expérience consciente peut nous amener à la connaissance libératoire dont il est question dans ces textes et permet de se dégager de ses souffrances et de s’ouvrir  à l’infini que tout être porte en lui, même inconsciemment.

Les Yoga sūtras de Patanjali est un recueil de 196 aphorismes destinés à être facilement mémorisés. Ils sont à la base du système philosophique appelé yoga (l’un des six systèmes philosophiques hindous).

Cette œuvre, probablement rédigée ou compilée entre -200 et +500 (on retient souvent le IIe s. av. J.-C., sans certitude), est le texte qui a codifié ou systématisé le yoga. Son influence sur la philosophie et sur la pratique du yoga est aussi forte aujourd’hui que lorsqu’elle a été écrite. Nous ne savons rien sur Patanjali qui serait aussi à l’origine de traités de médecine. Mais dans la tradition indienne, il est l’avatar du dieu Serpent Ananta. Ananta représente l’infini et l’éternité et est le symbole par sa capacité à muer de la renaissance initiatique.

L’enseignement basé sur les Yoga sūtra de Patanjali se nomme le yoga-darśana. Cette expression est composée de deux termes :

  • Yoga est un terme sanskrit qui désigne un ensemble de pratiques visant la fusion du corps et de l’esprit vers l’unité et la paix intérieure.
  • Darśan : ce terme sanskrit signifie un regard particulier sur le réel, mais aussi doctrine.

Il existe six systèmes philosophiques en Inde qui proposent différents points de vue et tous ces systèmes cohabitent; la vérité étant trop vaste et trop complexe à appréhender dans sa totalité et sa globalité. C’est le même objet qui est décrit, mais avec un point de vue différent.

La philosophie du yoga est liée à celle du Samkya (un système qui sépare le principe de Pakriti et de Purusha). Pakriti est la matière primordiale (principe féminin) qui fécondée par Purusha (principe masculin) devient la création. Purusha étant la conscience universelle, immobile et éternelle (spectateur impassible). Le travail spirituel consiste donc à délivrer l’esprit, le « Soi » immobile et de ne plus l’assimiler aux mouvements du psychisme. La Pakriti est structurée par 3 forces : sattva, rajas et tamas (tendance ascendante lumineuse, tendance  au mouvement et la dernière tendance descendante et inerte.). Ces trois forces se retrouvent aussi bien dans la nature que dans le psychisme humain.

ORIGINES DES CONNAISSANCES CONDENSÉES DANS LES YOGA-SUTRAS

I – LES VEDAS

Tout commence avec les Védas – Littér. « Connaissance, doctrine sacrée ». Nom générique des plus anciens textes de la littérature indienne. Les Védas sont les plus anciens textes sacrés de l’Inde. Ils ont été rédigés entre 1500 à 500 avant notre ère, mais ils ont été élaborés sans doute longtemps auparavant par les brahmanes, dépositaires de la Tradition, qui la transmettaient oralement d’initié à initié.
Les Védas sont constitués de 5 recueils que Brahmâ aurait donnés aux rishi (sages) aux temps primordiaux ; ce don de Brahma est appelé shruti (révélation).
Les 5 parties des Védas, les Samhitâ, sont, par ordre chronologique :
– le Rig-Veda ou Veda des strophes (hymnes adressés à la divinité)
– le Yajur-Veda ou Veda des formules sacrificielles, composé du Yajur-Veda noir et du Yajur-Veda blanc
– le Sama-Veda ou Veda des mélodies
– l’Atharvaveda, comprenant la cosmogonie ainsi que les prières mystiques et magiques
Les Védas ont fait l’objet de nombreuses études spéculatives, de commentaires et d’enseignements, si bien que sont nés de nouveaux ouvrages religieux et philosophiques, mystiques et ésotériques tels que les Brâhmanas, les Aranyakas, les Upanishad, les Puranas, qui amenèrent l’apparition du brahmanisme et de l’hindouisme.
Selon la plupart des commentaires, les trois premiers Védas, Rig, Yapur et Sama, sont les plus anciens et les plus importants. On leur attribue une origine intuitive. Les chercheurs spirituels des Védas transmettaient leurs connaissances à partir de symboles, de métaphores, le vocabulaire de l’époque (pas plus que celui d’aujourd’hui) ne disposant de vocables capables d’évoquer « l’Indicible »… C’est ainsi que dès le départ, se dégagent deux niveaux de compréhension que nous croisons constamment :

– 1er niveau de compréhension: celui d’une élite douée de facultés d’abstraction, de discrimination, capable de percevoir, d’identifier les phénomènes évoqués par les symboles, les métaphores, puis de s’en servir, de « les vivre » dans l’expérimentation personnelle.

– 2e niveau de compréhension : celui du plus grand nombre, c’est-à-dire ceux qui prennent « à la lettre » les discours, les images proposées, qui éprouvent le besoin de s’en remettre à des Dieux, des clergés, des hiérarchies pour être guidés, sauvés…

II – LE VEDANTA

Puis vient le Vedânta : Mot composé de Veda et de anta : « fin ».

Fin des Védas, considérations finales d’abord contenues dans les Upanishad. (Les Upanishads englobent des enseignements religieux, philosophiques et mythologiques indiens).

Le Vedānta définit la nature de l’Existence et enseigne que le Soi  (atman) est de même nature que le Brahman, la Réalité ultime indifférenciée. La perception de cette réalité est obscurcie en l’homme par la fausse idée (Vikalpa) qu’il a de lui-même et du monde, l’empêchant de vivre la plénitude de l’unité.

  • Seul le brahman est réel (brahma satyam)
  • Le monde est illusoire (jagan mithyā)
  • L’individu n’est pas différent de brahman (jîvo brahmaiva nāparah).

Le premier des trois systèmes de pensée du Vedânta enseigne l’Unité de la Conscience-Energie, quelle que soit sa phase de manifestation. Ou Advaïta : Littér. « non-dualisme » état qui ne peut être attribué qu’à l’Absolu, à l’UN originel. Difficilement concevable pour l’intellect humain, car la pensée de l’état de veille identifiée à l’ego a des difficultés à se soustraire à la dualité de la relation : « Cela » qui voit/Ce qui est vu.

Cette philosophie également appelée Monisme : (gr. monos, seul), Philos. Système selon lequel le monde est constitué d’une seule substance, dans laquelle la pensée et l’objet auquel elle s’applique ne font qu’un. Il existe une Unité à partir des trois grands plans de manifestation à travers l’être humain :

1 – BRAHMAN : Absolu immuable, Réalité suprême, non dualiste.

2 – ATMAN : Conscience absolue, de la même nature que Brahman, le « Spectateur » dans l’être humain ( Relié à Ajna Chakra).

3 – JIVATMAN: Atman/Spectateur se manifestant sous la forme d’une conscience momentanément incarnée. Spectatrice, elle habite dans le corps qu’elle utilise comme instrument tout en sachant qu’en réalité, elle est toujours Atman, parcelle d’Infini. De « Jîv »: « vivre ». Être vivant incarné, donc mortel. le Continuum Psychique CP (ego/Je, ensemble de nos tendances psychologiques) s’identifie à un corps, il se crée l’illusion d’une dualité, d’une causalité et s’enchaîne ainsi au cycle de la naissance et de la mort.

On constate avec intérêt que le concept de l’Absolu/Brahman devance les découvertes de la physique atomique.

 BRAHMAN l’impensable vibration : Symboliquement, analogiquement on peut penser que le concept de Brahman et ses déclinaisons en Atman puis Jivatman correspondent à… L’explosion initiale – ou Big Bang – qui ne fut jamais une véritable « explosion », mais un mouvement de propagation d’énergie partout à la fois rejoignant l’idée d’Infini, d’Absolu se manifestant dans le flamboiement de la lumière du feu primordial, qui en se refroidissant crée les solides/terre, les gaz/l’air, les fluides/l’eau, éléments qui en s’organisant en une arborescence étincelante explose en étincelles/Atman, « noyaux » qui animent les formes multiples de la manifestation…

Dans le fond des océans les premières bactéries évoluent en algues bleues, puis apparaissent les poissons, qui avec des pattes embryonnaires se hissent sur les berges où leurs descendants en se développant encore deviendront (si l’on s’attache à observer « la branche » qui plus tard nous verra apparaître tels que nous sommes…) des mammifères, qui commenceront à « penser » pour devenir ce bipède/Jivatman qui lève son front vers les nues, se demandant d’où il vient ? Où il va ? Et surtout « qui suis-je? »

À cette interrogation les Védas lui répondent : « Tat tvam asi » Tu es Cela ! cette Conscience/Énergie première ! à toi de la retrouver en toi et nulle part ailleurs !

De même que la physique moderne a découvert, au cours de ses recherches sur les composants de l’atome, que la matière était constituée de champs magnétiques chargés d’énergie et soumis à un changement perpétuel, de même les Sages (Rishi) de l’Advaïta enseignaient que la Réalité n’est rien d’autre que de l’énergie présente sous forme de conscience et que l’être humain perçoit cet univers grossier par l’intermédiaire du mental (« sixième sens », qui centralise les informations perçues par les organes des cinq sens) en raison de son identification au corps. Cela peut au départ paraître complexe, mais tout devient évident, clair, au fur et à mesure que l’on avance dans l’étude et la Pratique des YS.

A quoi se réfèrent les YOGA-SUTRAS

1 – à des états de conscience fonctionnant au-delà de l’intelligence ordinaire, à celle qui se manifeste lorsque le mental est stabilisé,

2 – à l’élimination des spéculations intellectuelles qui font obstacle à la réalisation spirituelle,

3 – à l’expérimentation personnelle, le seul moyen d’évolution préconisé.

Il est fondamental de noter que, Patanjali ne fait aucune référence ou citations directes se rapportant à des systèmes ou gurus nommément connus.

Les YS enseignent l’unité intérieure, de la vie extérieure vers la vie intérieure, le passage naturel d’un plan de conscience à un autre, du plus dense au plus subtil, l’ensemble perçu comme un cheminement, un glissement continu jusqu’à la Libération ultime…

Patanjali expose en premier le terrain, le contexte, le fonctionnement du mental et termine en indiquant une procédure en huit points permettant de se dégager de la souffrance.

1 – atha yoga anusasam: Maintenant voici les instructions du yoga – ou maintenant commence la voie du Yoga –  Cela induit le fait que d’autres choses ont été expérimentées précédemment.

Pourquoi la voie du Yoga ? La souffrance et son origine l’ignorance

La souffrance est inhérente à la condition humaine. La plupart d’entre nous veulent l’éviter à tout prix, mais on ne pas se dérober, on ne peut que la transcender. Ne pas reconnaître notre souffrance permet d’éviter à penser à notre propre responsabilité dans le processus, à ne pas remettre en question notre mode de vie, nos habitudes.

Alors on se détourne, on s’étourdit dans le travail, les « joies » familiales, les mondanités, une passion quelconque, politique, sportive… ou encore dans la dépression. L’être humain cherche généralement à tout prix à ne pas être seul avec lui-même, face à ses frustrations, ses rêves incertains, ses peurs et l’obligation de changer et de grandir ! D’ailleurs les psychotropes sont les symboles de ce déni.

Quand on soulève ne serait-ce que le pied d’une table, l’ensemble du plateau se soulève un peu! Quand on commence un travail sur soi-même, on cesse d’être une charge pour les autres et mieux même, quand on peut, étant passé par ces désarrois, ces peines, comprendre et aider ceux, qui éprouvés, commencent à chercher les réponses, aux fameuses questions : pourquoi moi ? Qu’ai-je fait pour « mériter » cela? Pourquoi tant de souffrance ? Apporter quelques réponses, un peu de lumière dans l’obscurité du Samsâra. (Dans le bouddhisme, il s’agit du cycle des existences conditionnées, c’est-à-dire les états de l’existence sous l’emprise de la souffrance, de l’attachement et de l’ignorance. Ces états sont conditionnés par le  Karma.)

Dès que l’on s’attaque à la souffrance on rencontre immédiatement lIgnorance la plus grande ennemie de l’espèce humaine, qu’il va falloir combattre.

Nous seuls pouvons modifier nos conditions de vie. « Notre destin » consiste à prendre conscience de nos manques, de nos failles afin de les combler, et non de nous dérober en restant imprudemment englués dans une ignorance des mécanismes fondamentaux qui jamais ne s’avère être protectrice, car elle aggrave les situations « non traitées » qui toujours finissent « par produire leurs fruits nauséabonds » puisque nous les avons laissés pourrir…

Il ne reste qu’à reconnaître, qu’à oser se dire, « je suis malheureux ! je suis malheureuse ! » Quelles sont mes véritables aspirations? Pourquoi ai-je mal ? Où ai-je mal ? Comment ai-je mal? D’où me vient cette souffrance ? Qu’ai-je fait ou négligé de faire pour me retrouver ainsi ? Et surtout éviter de rejeter la faute sur les autres.

Ces «schémas» nous condamnent et nous entraînent à la « distanciation » de façon accélérée, pour pouvoir « tenir, coûte que coûte » parce qu’il y a la vie courante, le loyer, les échéances à payer…Loin de nos sensations, loin de nous-mêmes.

Si mentalement nous renonçons à nos crispations en découvrant :

1 – leur origine,

2 – leurs manifestations matérielles

3 – le « désamorçage possible » – en mettant en œuvre les moyens susceptibles de les corriger, la fin des situations douloureuses sur le plan matériel concret s’organisera d’elle-même. Vous pourrez progressivement mettre de l’ordre dans le chaos sans trop souffrir, puis d’autres opportunités se présenteront presque « miraculeusement » qui viendront remplacer comme par hasard et plus «intelligemment » ce qui obscurcissait votre existence…

Aussi faut-il reconnaître, puis empoigner chaque douleur pour « l’exorciser » lui retirer son côté venimeux, dû à notre ignorance, afin d’y mettre fin ! C’est un travail quotidien auquel nous ne pouvons nous dérober, puisque de toute façon, nous devrons immanquablement nous confronter à cette souffrance.

2 – yogas citta-vrtti nirodhah : Le yoga est la cessation de la fragmentation mentale (Qu’est ce que la fluctuation du mental ?) – Le mental ne s’intéresse qu’à ce qui bouge – Dans l’agitation mentale, il n’y a pas de conscience véritable. Au cinéma, pour voir l’écran (la conscience), il faut faire abstraction du film (l’agitation mentale) (Il est intéressant de constater que, selon les recherches des neurobiologistes, la pratique de la stabilisation du mental par sa focalisation puis par sa fusion avec un objet/un concept constitue une procédure d’apprentissage qui se révèle particulièrement favorable à la multiplication des liaisons, des connexions entre les neurones, créant ainsi de nouveaux réseaux et développant l’intelligence…

Seule l’expérience personnelle, résultante d’une pratique assidue et ininterrompue est préconisée, le reste ne présentant aucune importance, quand il ne constitue pas une entrave à l’évolution, au développement de l’être, à la Libération ultime…

– Alors par l’anéantissement des fluctuations, le chercheur spirituel retrouve sa nature originelle, Atman.

– Dans l’autre cas il y a identification aux fluctuations du mental (émises par le Continuum psychique).

Patanjali explique aussi :

– Douloureuses ou non douloureuses, les fluctuations du mental sont de cinq sortes :

Pramâna : savoir réel

– Viparyaya : savoir erroné

 Vikalpa : imagination

– Nidrâ : sommeil

– Smritayah (smriti) : mémoire

 – La Connaissance correcte trouve ses sources dans le témoignage, la déduction, l’intuition.

– Les conceptions fausses sont basées sur une perception inexacte de l’objet.

– Un mot évoquant une image mentale vide de toute substance appartient à l’imaginaire.

– Le sommeil profond est celui qui ne présente aucune modification (activité) du contenu mental

– La mémoire est constituée par la conservation des empreintes laissées par les expériences vécues.

La pratique du « détachement » supprime les fluctuations du mental, permettant ainsi l’accès à Atman, la Conscience pure

– La pratique assidue ayant pour objet le détachement, constitue l’effort nécessaire pour acquérir cet état. Atman (le Spectateur dans « Jivatman ») demeure non touché par la souffrance, les empreintes laissées par les actes passés (empreintes qui constituent le Continuum psychique).

L’intériorisation à partir de la vibration OM

OM est la vibration qui représente Brahman. – Sa répétition (OM – AUM) induit son assimilation. À partir de cette pratique, la conscience se tourne vers l’intérieur et les obstacles disparaissent.

 Les « obstacles » – leurs symptômes :

Vyâdhi-styâna-samsaya-pramâdâlasyâvirati-bhrântidarsanâlab dhabhumikatvânavasthitatvâni chittaviksepâsteantarâyâh

– Vyâdhi : maladie, douleur, souci,

– styâna : apathie, inertie, sans volonté, sans énergie

– samsaya : doute, incertitudes

– pramâda : procrastination, (tendance à tout remettre au lendemain, à ajourner, à temporiser)

– âlasya : la paresse, léthargie

– avirati : l’avidité, le désir de jouissance, intempérance

– bhrântidarsana : l’égarement

– alabdhabbhûmikatva : l’incapacité à progresser, à trouver une raison d’avancer

– anavasthitatvâ : incapacité de se concentrer, instabilité, déséquilibre, inconstance

– chittaviksepâh : difficultés psychologiques entravant la réflexion

– antarâyâh : les obstacles

Les symptômes inhérents aux obstacles précités sont : les souffrances physiques, la dépression, la nervosité, la respiration perturbée, l’incapacité de réfléchir.

L’élimination (d’un obstacle) s’exerce par la prise de conscience de la nature réelle de l’obstacle.

Ayant une perception lucide en ce qui concerne le bonheur, le malheur, la vertu, le vice, le mental demeure dans une attitude de distanciation bienveillante, de pitié sereine.

Par l’expiration et la suspension du souffle (à vide et sans contrainte), on peut contrôler, stabiliser le mental. L’attention posée sur les informations perçues par les sens stabilise le mental. Sans activité mentale, la mémoire purifiée apparaît complètement vide d’objets (empreintes, fluctuations). La cessation de l’activité mentale induit l’expérience spirituelle pure, l’illumination. Cette Connaissance est différente de celles acquises par le témoignage ou la déduction.

Le yoga constitue une ascèse qui implique de s’investir complètement dans l’étude de soi, des textes. Pour accéder au samâdhi (l’anéantissement des fluctuations du mental) il faut commencer par l’amoindrissement des souffrances. L’ignorance, l’identification au « Je/CP1 », le désir et l’aversion, l’attachement à la vie sont des souffrances. Les souffrances psychiques peuvent être réduites, éliminées. Les souffrances psychiques peuvent être évitées par la méditation. Les souffrances anciennes (structures psychiques mémorisées) constituent une bibliothèque invisible, qui s’actualise à travers des actes visibles au présent. La souffrance qui n’est pas encore là peut et doit être évitée. L’identification du « Spectateur/Atman/Ce qui voit », avec ce qui est Vu (le visible, la matière) doit être évité. Le Vu (la manifestation, la matière) constitué par les éléments, perçu par les organes des sens, a pour but l’expérience, l’Éveil de la Conscience.

3 –  Les huit piliers du yoga : yama niyama asana pranayama pratyahara dharana dhyana samashayo stav angani – Le yoga est constitué en huit parties – La quête spirituelle implique pour obtenir quelques résultats un travail à tous les niveaux, dans tous les secteurs et surtout de connaître le sens de la démarche.

Yama – auto-discipline discipline / niyama Le contrôle de soi / Asana la pratique des postures / pranayama. Le contrôle du souffle / pratyahara Le retrait des sens / dharana Concentration / dhyana La méditation / Samadhi L’illumination

Chacune de huit étapes favorisent la suivante. Le samadhi est un état avancé de la méditation, la méditation elle-même un état avancé de la concentration qui n’est possible quand nous ne sommes pas dérangés par les sens extérieurs. Mais cela n’est possible que si l’on maîtrise le souffle (l’énergie vitale), qui ne peut se faire que si l’on rester assis confortablement (les postures). On ne peut pratiquer les postures que si l’on a un certain contrôle de soi et de la discipline.

YAMA : au nombre de cinq – Cinq Règles organisent nos relations avec le monde. « Ahimsâ satyâ asteya brahamacharyâ parigrahâ yamâh »

1 Ahimsâ : non-nuisance respect de la vie, non-violence (Les pensées nocives de violence venant de soi ou des autres, issues de l’envie, la colère, de l’égarement accompagnent (faiblement, moyennement, intensément) la souffrance, l’ignorance et produisent des résultats sans fin, tant qu’elles demeurent.

2 satya : réalité (conforme à ce qui est/sat), authentique, véracité, exactitude, La vérité

3 asteya : (steya – résister) : abstention d’une appropriation indue, ne pas voler

4 brahma + charya (carya) : mode de vie de brahman, de conduite selon le Veda, Brahman, (dont l’abstinence, en tout cas l’équilibre et alimentaire et sexuel).

5 aparigrahâ : indépendance, refus de toute possessivité, vis-à-vis des êtres comme des biens (tous éphémères, non-accumulation des biens matériels, mesure en toute chose.

Niyama : Le contrôle de soi  Les NIYAMAS – cinq règles encadrent et  structurent la vie Personnelle. « Sauca samtosa tapah svadhyaya isvara Pranidhanani niyamah »

1 – Sauca : propreté, hygiène de vie physique, alimentaire, mais aussi purification des pensées.

2 – Samtosa : le contentement, la capacité de garder sa sérénité en toutes circonstances.

3 – Tapah : ascèse positive – La pratique soutenue élimine progressivement les problèmes de santé et améliore le fonctionnement du corps et des sens. Centrage de l’énergie.

4 – Svadhyaya : l’étude de soi, l’étude des textes, le questionnement intérieur, l’étude par la méditation.

5 – Isvara : Grande attention à ses pratiques – l’amour, la loyauté.

Asana – Pranayama – Pratyahara sont des vecteurs qui facilitent la prise de conscience du corps, à la fois au niveau physique et psychique et de la Conscience elle-même, quand dans l’instance « spectateur » l’Énergie originelle prend conscience d’elle-même ; c’est par la pratique que nous comprenons ce qui se passe dans notre corps et notre psychisme.

Asana sthira sukham asanam :  La posture doit être stable et confortable. Avec les postures, on travaille l’assise physique, mais également psychologique. Le relâchement continu de la tension musculaire facilite la perception du schéma corporel. (Sans tensions) Les flux énergétiques de polarité différente ne se heurtent plus, l’énergie circule harmonieusement. Les postures visent à la fois un développement corporel, mental et spirituel. La stimulation de l’hypophyse favorise la vie spirituelle.

Prânayama tasmin sati svasa-prasvasayor gati-vicchedah paranayamah – Contrôle de l’énergie vitale

1- Équilibre entre les 4 phases du souffle expir/pose/inspir/pose et maîtrise de l’énergie

2 – Véritable « interface » entre la matière/visible et le mental/invisible. Alors ce qui cache la Lumière (au sens spirituel du terme) disparaît. Aide à la disparition des tensions émotionnelles.

pratyahara : desa-bandhas cittasya dharana : Le retrait des sens C’est une étape essentielle dans le processus d’intériorisation. Lorsque le mental est séparé des sens, il est plus facile de se concentrer.

Les trois dernières instructions traitent de l’accession à la Liberté par la méditation

Dharana Dhyana Samadhi

 Dharana : La focalisation/dharana consiste à poser son attention sur un seul sujet. Fixer le mental sur un lieu ou un objet permet de restreindre le mental à un champ donné. La « concentration » évoquant dans notre éducation (« Mais concentre-toi un peu… ») une notion d’effort soutenu, de tension, absolument contraire à l’état de méditation, le terme de focalisation, moins connoté, sera tout au long du texte utilisé. Le principe étant de « poser délicatement », dans la détente la plus absolue, une parfaite neutralité, sans aucune implication personnelle son attention sur « un seul » objet/concept… Les distractions spontanées sont à écarter tranquillement, sans agacement, pro gres -si vement elles se feront plus rares, à mesure du développement de nos facultés de concentration. La calme neutralité demeure la base du travail. Elles ne sont que des images qui passent et s’effilochent avant de disparaître…

Dhyana : tatra paratyaya-ekatanata dhyanam. Quand le mental coule de façon ininterrompue avec un objet, quand la concentration est totale on parle de méditation.

 Samadhi : tad eva arthamatra-nirbhasam svarupa-sunyam iva samadhih. Dans la méditation, il reste la conscience de celui qui médite. Cette conscience disparaît dans le samadhi. Plus de souffrance ne peut être créée. La maîtrise de la Conscience permet d’accéder à l’invisible. L’accès, la mise en œuvre des plans subtils se font progressivement. Il n’y a plus d’attachement.

 LES DEUX NIVEAUX DE SAMADHI enseignés par Patanjali.

Le Samprajnâta Samâdhi et l’Asamprajnâta-Samâdhi correspondent approximativement au Savikalpa-Samâdhi et Nirvikalpa-Samâdhi de la philosophie du Vedânta.

1 – Dans le Samprajnâta-Samâdhi ou Sabîja-Samâdhi subsistent encore des processus psychiques (les Klesha/souffrances) qui interdisent à ce niveau l’accès au Samâdhiultime totalement débarrassé des germes (pensées, concepts).

 2 – L’Asamprajnâta-Samâdhi ou Nirbîja-Samâdhi le Samâdhi suprême, se caractérise par l’abolition des Vasanas (idées, aspirations, empreintes) et l’Abandon de tous les liens.

JalandharaB – Bandhas mudrās : 

Ce sont des exercices qui allient une respiration spécifique à des rétractions. Ils permettent de stimuler le système énergétique et ont une action particulière sur le système endocrinien. Ils stimulent les centres énergétiques qu sont les chakras en toute sécurité, car ils évitent la dispersion anarchique de l’énergie. La pratique des Bandhas mudrā joue un rôle très important dans l’éveil de la Kundalinī Śakti. (La Kundalinī Śakti est le nom donné à l’énergie vitale qui anime tous les niveaux de l’être. Elle se présente sous une forme « lovée » qui réside dans le premier chakra, muladhara chakra, à la base de la colonne vertébrale). Cet éveil se manifeste comme une énergie ascendante qui remonte le long de la colonne vertébrale pour s’épanouir au sommet du crâne. Elle nous permet de faire l’expérience de notre nature profonde. C’est seulement grâce à cette énergie que nous pouvons faire connaissance avec notre véritable identité. Les bandhas mudras libèrent du stress, de l’agitation mentale et apportent équilibre, joie et harmonie intérieure. Ils participent également à l’évacuation des toxines grâce à une action sur le flux sanguin dans certains organes, pour les stimuler et les vivifier.

V – Visualisation Positive

visualisation centre de yoga fleur de lotusLe corps ne fait pas la différence entre la visualisation et la réalité (si on visualise que l’on est attaqué, notre pouls s’accélère, nous ressentons du stress…) C’est exactement la même lorsque nous visualisons un lac calme, assis dans une herbe douce sous le soleil et en écoutant les oiseaux. Les bienfaits de la visualisation positive sont multiples : elle apporte incontestablement un mieux-être, une grande stabilité physique et mentale, elle permet de transformer les schémas inconscients, de supprimer les problèmes de rumination et accélère le processus de guérison en cas de maladie. Lorsqu’une pensée négative apparaît dans notre esprit (cela suppose une conscience affinée de notre conscience, ce qui s’apprend par un travail régulier), il faut d’abord lui dire Shuddhi (Stop – Shuddhi est en quelque sorte la purification) et ensuite, nous laissons une belle image de lac apparaître et nous restons concentrés sur cette image un moment, le temps que le mental se calme et nous pouvons reprendre notre activité.

Yoga de A à Z