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Pratyahara – La clé des aspects intérieurs et extérieurs du Yoga

septembre 27, 2019 - Pratyahara, Yoga de A à Z
Pratyahara – La clé des aspects intérieurs et extérieurs du Yoga

Pratyahara

La clé des aspects intérieurs et extérieurs du Yoga

Le yoga est une discipline qui permet de prendre sa vie en main et de s’engager dans une démarche de liberté et de responsabilité. La vie des êtres humains s’inscrit dans la vaste toile de l’univers. En suivant les lois du dharma, l’individu reprend possession de lui-même et avance en toute confiance. L’action est désintéressée, le seul but étant de revenir à l’énergie première. Nos actes non seulement influent surnotre vie, mais celle de l’univers tout entier et devenir notre propre guide nous mènera à l’unité, l’équanimité. Nous sommes Arjuna, qui ne dévie jamais de sa route…, accompagnés par les sages conseils de Krishna… et la conscience se réorganise… « Votre devoir est d’agir et non de rechercher une récompense pour votre action. » Bhagavad-Gita – Les asanas vont donner au corps l’espace nécessaire à la méditation.

Bhagavad-Gita : « Le sage qui, à l’image de la tortue ramenant ses membres sous elle, retire ses sens de leurs objets est fermement établi dans la sagesse » (Chap 2– 58). Équanimité : Détachement, égalité d’humeur, sérénité : l’esprit n’est plus dérangé par les perceptions, les sensations, les émotions…  Cet état de stabilité de l’esprit, au-delà de l’ego, est une condition sine qua non à la connaissance réelle et à l’expansion spirituelle.

Le pratyāhāra relie les aspects extériorisés et intériorisés de la pratique du yoga. C’est le cinquième pilier du yoga, après prānāyama et avant dhāranā
« Yama niyama āsana prānāyama pratyāhāra dhāranā dhyāna samādhayo’ șțāv ańgāni » (Yoga-sutras de Patanjali).

« Pratyāhāra » est composé de 2 termes : – « prati » : « Contre » ou « éloigné » – « ahara » : « nourriture ».

La signification donc de pratyāhāra est littéralement « apprentissage du contrôle des forces externes » ou « s’éloigner des nourritures sensorielles).

Il y a trois niveaux « d’ahara » (nourriture) :

Le pratayhara implique l’abandon de ce qui n’est pas approprié pour soi et d’accueillir ce qui l’est. Les influences sensorielles sont celles qui sont le plus à même de déstabiliser : Une expérience agréable va demander de la répétition, une expérience désagréable apporte de la frustration. Le prathyahara donne une nouvelle dimension dans l’expérience de la vie. Le désir est transcendé en lâcher-prise et voir cela comme un ace de pouvoir (Deepak Chopra) : par exemple nous désirons quelque chose ardemment et cette chose nous est « refusé » : cela va provoquer une sensation de manque et une baisse de l’estime de soi (on ne sent pas capable), mais il est possible d’y « renoncer » et l’acte de renoncement provoquera une chimie intérieure bien plus optimiste (Deepak Chopra) .

Il existe quatre formes de pratyahara : Indriya Pratyahara &, le contrôle des sens ; Prana pratyahara, le contrôle du prana (l’énergie cosmique), karma pratyahara (le contrôle de l’action) et Mano pratyhara, l’intériorisation des sens.

1- Indriya Pratyahara (Contrôle des Sens) : comme nous l’avons dit précédemment, les impressions sensorielles sont celles qui sont le plus déstabilisantes et de ce fait, sous le déluge des médias, images, téléphones, ordinateurs… ainsi que de l’orientation consommatrice de notre société, nous sommes soumis à une quantité de sollicitations phénoménales et nous devenons prisonnier de notre mental. Indriya Pratyahara donne l’opportunité de réfléchir à ce que nous voulons vraiment absorber ou non. Les impressions de mauvaise qualité empoisonnent et empêchent la clarté mentale et la paix intérieure. Les sens livrés à eux-mêmes (non éduqués) sont destructeurs.

Les moyens :

2 – Prana Pratyahara (Contrôle du Prana)

3 – Karma Pratyahara (Karma : rituels dans le sens védique et à l’époque d’Arjuna : l’action dharmique) – Contrôle de l’action

4- Mano Pratyahara (contrôle du mental)

« Celui qui est capable de contrôler le flux du mental vers l’extérieur, de le libérer de l’asservissement des sens, a réalisé pratyahara ». 

Il est important de préciser que Pratyahara n’est pas la négation ni le rejet des impressions mentales. Il s’agit plutôt d’être à l’écoute des ressentis afin de mieux les comprendre pour les laisser se transcender. Plus il y aura de refoulement et plus il y a aura d’impressions et d’activité mentale. Dans le Pratyahara, il s’agit de reconnaître ce qui se passe en nous pour nous permettre de prendre de la distance et surtout d’apprendre à être présent à soi.

Moyens : Yoga-Sutras Patanjali : I.35 : Vishayavatī vā-pravrittirutpannā-manasah-sthitinibandhin : la stabilisation du mental se réalise également en se fixant sur les objets du monde sensible. « Le support peut être le bout du nez pour faire l’expérience du parfum cosmique, sur la pointe de la langue pour le goût cosmique, sur le palais pour la couleur cosmique (en relation avec la glande pinéale – épiphyse), sur le milieu de la langue pour le toucher cosmique et à la racine de la langue pour le son cosmique. » (Vyasa) ou des objets générant le calme, lueur de la lune, du doleil, un diamant, une bougie…

Mais aussi l’expérience d’un état lumineux (comme après une séance de yoga pu concentration sur le lotus du cœur) (Yoga-sutras Patanjali I-36) ; ou en se mettant en contact avec un être libéré (comme Mahavatar Babaji) ou l’état de rêve (nidra yoga), ou méditation sur un objet agréable : lune, nadis, chakras…. (Yoga-sutras Patanjali I-37- I-38)

Sources : Yoga & Ayurveda David Frawley ; Les yogas-sutras de Patanjali à la lumière des premiers commentaires indiens (Vyasa, Bhoja, Vacaspati Misra) ;La Bhagavad-Gita Commentaire du texte intégral par Swami Chinmayananda.

Pratyahara : La clé des aspects intérieurs et extérieurs du Yoga

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