Ananda Balasana – Posture de la félicité 

Les textes sacrés nous enseignent : quand la lumière du dharma s’affaiblit et que les démons menacent le monde, Vishnu, le préservateur du monde renaît en « avatar » pour remettre les choses en place. Était donc venu le temps de la venue de Vishnu. Et Vishnu se réincarna comme avatar sous la forme du fils de Dasharatha, non seulement pour soigner et protéger le royaume d’Ayodhya, mais également pour s’occuper de la Terre Mère dans son ensemble.

  • Se placer sur le dos, genoux sur la poitrine.
  • Gd Inspir, et sur l’expir suivant, monter les jambes à la verticale ; rester un moment dans cette position (respiration normale).
  • Gd Inspir, dans l’expir suivant, plier les genoux et attraper chacun des gros orteils avec les index.
  • Ouvrir les genoux plus largement que le torse et bien les ramener vers les aisselles.
  • Prendre conscience du relâchement du dos sur sol et éventuellement placer une couverture sous la nuque, si celle-ci est trop creusée ou pour bien garder l’alignement de la colonne vertébrale.
  • Maintenir la posture durant 5 à 6 respirations normales.
  • Puis redevenir un enfant et se balancer légèrement de gauche à droite et de droite à gauche.
  • Placer un sourire sur les lèvres et agiter les jambes comme un bébé en se berçant. Amplifier le mouvement de basculement tout en relâchant au maximum.
  • Gd Inspir et dans le Gd Expir, ramener les pieds au sol et relâcher en savasana.

Effets : Calme le mental et aide à relâcher la fatigue et le stress. Apporte de la joie et la paix intérieure. Excellent en cas de dépression et d’anxiété. Un très bon exercice pour les débutants tout comme pour les pratiquants plus avancés. Excellent pour les trois doshas.

 À noter : pour ceux qui ne peuvent attraper leurs orteils, il est possible de placer une écharpe derrière les chevilles.  Contre-indications : en cas de douleurs dans le dos et aux genoux. À éviter durant la grossesse.

Dasharatha, le roi d’Ayodhya, était un guerrier reconnu (sous le nom du « commandeur des dix chars ») et le protecteur du Dharma (l’ordre cosmique). Il était marié à trois jolies femmes, mais n’avait pas d’enfant et cela le rendait très triste. Alors que Dasharatha se désespérait de la situation, la déesse Bhumi (la terre) était en quête d’un héros pour la délivrer de la souffrance qu’elle endurait des démons et de personnages peu scrupuleux qui la détruisaient et lui volaient toutes ses ressources.

Les textes sacrés nous enseignent : quand la lumière du dharma s’affaiblit et que les démons menacent le monde, Vishnu, le préservateur du monde renaît en « avatar » pour remettre les choses en place. Était donc venu le temps de la venue de Vishnu. Et Vishnu se réincarna comme avatar sous la forme du fils de Dasharatha, non seulement pour soigner et protéger le royaume d’Ayodhya, mais également pour s’occuper de la Terre Mère dans son ensemble.

La naissance de Rama (le sauveur) fut le fruit d’un rituel précis. Dasaratha alluma le feu rituel (*Ashwamedha) et de ce feu émergea un récipient contenant un gâteau de lait appelé payasam ; puis une voix l’invita à ramener le gâteau chez lui et à le partager avec chacune de ses femmes. De retour à la maison, Dasharatha sépara le gâteau en deux et en donna la moitié à sa première femme, Kausalya, et l’autre moitié à sa seconde femme, Kaikeyi. Puis, généreusement Kausalya donna la moitié de sa part à la troisième femme, Sumitra et Kaikeyi fit de même. Toutes les trois tombèrent enceintes : Kausalya donna naissance à Rama ; Kaikeyi à Bharata et Sumitra à des jumeaux, Shatrughna & Lakshman. Tout le royaume se réjouit et Bhumi clama que son héros était enfin arrivé pour restaurer le dharma et sauver la terre. Dasharatha et ses trois femmes chérissaient leurs quatre enfants qui avaient tous de grandes qualités. Mais Rama était le plus délicieux de tous. Les aventures de Rama sont racontées dans un poème épique appelé le Ramayana, qui est une allégorie de notre propre aventure sur terre et de notre corporalité.

Les avatars et les déités représentent le potentiel intérieur en attente de réalisation ; le sacré pouvant renaître à chaque instant.

Chacun de nous est Dasharatha, le commandeur des dix chars que sont les cinq organes des sens et les cinq organes de l’action, les éléments qui relient notre intelligence supérieure au monde physique. La Katha Upanishad utilise l’image du char (notre corps) tiré par les chevaux (les sens) avec atman (l’âme) qui est le passager et buddhi (l’intelligence supérieure), le conducteur ; les rênes étant manas (le mental). Dasaratha est celui qui contrôle le mental et les sens – le yogi.

*Ashwamedha : Ashwa signifie « maintenant », le moment présent et medha, « la purification ». ashwamedha a pour signification « la purification du mental » de toutes les sollicitations et distractions et la faculté de rester dans le moment présent. (ashwa signifie également cheval ; une des formes du sacrifice du cheval est la suivante : le roi laisse son cheval galoper librement jusqu’à ce qu’il s’arrête. Le roi déclare alors que le territoire parcouru par le cheval est sous sa souveraineté – exactement comme le méditant qui par la libération de son mental découvre de nouveaux territoires.)

Rama signifie « celui qui apporte la joie » (ou « ra », la lumière et « ma », en moi).

Quand Dasharatha réalise le rituel d’ashwamedha et en partage les fruits avec Kaushalya, l’enfant Rama – la lumière intérieure et la joie – est conçu. Quand nous contrôlons notre mental et nos sens, notamment à travers la méditation, le potentiel divin en nous se manifeste : un joyeux enfant est né. Dans la Bhagavad Gita (2.50), il est dit : « Yoga karmasu kaushalam », le yoga est l’aptitude en action. Quand nous réalisons cette action complexe, nous sommes le yoga, nous sommes éclairés. C’est le sens de la naissance de Rama ; Rama étant accompagné par ses trois autres qualités que sont ses frères. Bharata : « tous les talents » (Maha Bharata : la grande histoire de l’être humain !) ; Lakshman : « la pleine conscience ou la conscience entière, réfléchie » et Shatrughna : « celui qui n’a pas d’ennemis ».

Ananda Balasana – Posture de la félicité