Holi, la fête des couleurs

du printemps et de l’amour universel

Holi (fête des couleurs) célèbre le retour du printemps en Inde au moment de la pleine lune durant le mois de Phālguna, généralement en Février/Mars, cette année ce sera le 17 et 18 mars.

Elle commence la veille par un feu de joie appelé « Holika ».

Jour 1 : Le feu de la libération

La légende : Le démon-roi Hiranyakashipu arrive à obtenir un pouvoir qui le rend indestructible et il en tire un tel orgueil qu’il se considère comme un dieu et veut qu’on le vénère comme tel. Mais son fils Prahlada qui voue un culte à Vishnu, la divinité de la préservation et de l’ordre du monde (le dharma – les lois cosmiques), n’aspire aucunement à se plier aux ordres de son père. Hiranyakashipu, fou de rage, n’a plus qu’une idée en tête, assassiner son fils par tous les moyens mais c’est sans succès.  Il trouve donc un subterfuge. Holika, la sœur de Prahlada a obtenu le pouvoir de rester insensible au feu. Son père lui demande alors de prendre son frère sur ses genoux et de s’asseoir au centre d’un brasier. Utiliser ce pourvoir pour tuer n’est pas du tout du goût des dieux qui le lui retire immédiatement et elle est réduite en cendres. Prahlada par contre protégé par son amour envers le Dharma – Vishnu (on pourrait dire la juste cause, la recherche de l’équilibre ; la vie dans la compassion et la bienveillance) envers survit. Bien plus tard, après que Vishnu ait tué Hiranyakashipu, il prend la place de son père sur le trône et devient un roi sage et avisé. C’est cet épisode du brasier qui est rappelé lors de cette première journée d’Holi, le bien qui prend le dessus sur le mal (l’ouverture du cœur qui prend le dessus sur notre nature égotique et haineuse).  L’histoire d’Hiranyakashipu raconte l’histoire de nus, les êtres humains qui se laissent dépasser par leur ego et qui oublient ses limites et ne respectent plus le dharma. La loi du Dharma est là pour se rappeler qui nous sommes, une conscience en action dans le monde, rien de plus et rien de moins et que les lois cosmiques, les lois de la nature ne devraient pas être franchies sous peine de destruction.

Jour 2  – Honorer Lila, la vie

dans la rue les gens vêtus de blanc (normalement) se projettent des poudres colorées (qui étaient auparavant des poudres naturelles et médicinales) les uns sur les autres. Les couleurs, c’est « lila », le jeu de la conscience, la conscience en action dans l’impermanence. Le jeu des énergies subtiles (tanmatras) à l’origine des différents éléments constitutifs de la matière (la terre, l’eau, le feu, l’air & l’éther). Les couleurs (de la lumière) sont la première manifestation du monde matériel.

Krishna et de Radha : l’amour cosmique

Holi est également la célébration de l’amour de Krishna et de Radha. En effet, alors qu’il n’était encore qu’un bébé, Krishna fut empoisonné par une démone et en gardant la peau bleue. (Vous avez remarqué peut-être que dans les légendes indiennes, tous les poisons laissent une trace bleue, la trace de la transcendance.) Mais Krishna durant toute son adolescence s’inquiéta de savoir, en raison de sa couleur, s’il plairait aux gopis (les gardiennes de vaches, toutes amies de Krishna) et surtout de Radha. La mère de Krishna, fatiguée d’entendre son fils se lamenter, lui suggéra d’approcher Radha en lui de lui colorant le visage. La couleur devient la manifestation de l’amour pur. Radhakrishna est le symbole de l’amour cosmique, inconditionnel. C’est l’union du féminin et du masculin, la sagesse de la conscience qui va se fondre dans l’énergie première. Krishna est un avatar de Vishnu sous la forme du sauveur du monde et Radha est un avatar de Lakshmi sous la forme de la prospérité spirituelle et du succès dans ce cheminement intérieur (Lakshmi étant la parèdre ou Shakti de Vishnu). Toutes les divinités hindoues sont composées d’une énergie indifférenciée (masculine) et d’une énergie de création, de mouvement (féminine).

Le printemps est de retour avec l’espoir

Holi, célébrons le printemps, l’amour et le renouveau. C’est un message de force, de courage d’avoir dépassé les rigueurs de l’hiver (les difficultés dans notre vie) et de nous ouvrir à de nouvelles possibilités et à la solidarité.

Rituels 

Jour 1  : prendre une douche en imaginant que l’eau est comme de la lumière et nettoie profondément. Dans la journée : allumer une bougie ; s’installer dans une posture de méditation et écrire sur un papier ce dont nous voulons nous débarrasser. Prendre un temps de méditation sur la respiration ou en chantant le Maha Mrityunjaya Mantra (Mantra de guérison). Enterrer le papier dans la terre en lui demandant de dissoudre nos démons intérieurs. C’est un jour propice aux dons : donner ce qui ne sert plus, faire des dons aux associations caritatives , donner de l’attention à nos proches, à ceux qui en ont besoin…

Jour 2 : prendre une douche en imaginant que l’eau est comme de la lumière et nettoie profondément. Dans la journée : allumer une bougie ; s’installer dans une posture de méditation et écrire sur un papier la gratitude que nous ressentons envers diverses choses que nous avons dans notre vie. Le ressentir profondément durant la méditation et le chant de la Gayatri (Mantra de la lumière). Offrir ce papier aux flammes de l’univers.

Maha Mrityunjaya Mantra« OM »

OM Tryambakam Yajāmahe Sugandhim Pushti Vardhanam 

Urvārukamiva Bandhanān Mrityormukshi Mamritāt

« O » : Univers – « M » : conscience de ce « O »  – Tryambakam : « Tri » = trois ; « Ambala » = œil :  Celui qui a trois yeux ou celui qui voit (où est la question de voir au-delà des voiles de Maya, l’illusion de notre réalité) – Yajāmahe : « que nous adorons » (ce rituel, cette pratique qui va nous permettre de nous affranchir de ces barrières mentales) – Sugandhim : « Vertu suprême » (la révélation de la conscience) – Pushti Vardhanam : « qui fait croître la nourriture » (cette conscience qui nourrit de l’intérieur et ouvre (fait croitre, fait grandir) aux capacités supérieures) –  Urvārukamiva : « fait référence à un concombre rond utilisée dans les rituels d’offrande (le fruit de la connaissance)  – Bandhanān : « de la racine, de la tige » (ce fruit en se détachant de l’illusoire, de l’esclavage des représentations mentales, devient le fuit de la connaissance) – Mrityormukshi : « de la mort, puis-je être libéré » (dégagé des chaînes du Karma) – Mamritāt : libre et immortel (je suis l’énergie universelle sans début et sans fin : la conscience. https://youtu.be/3vq6Ot2RiEc

 

Gayatri Mantra –  « OM »

Om Bhurbhuvah Svaha / Tat Savitur Varenyam Bhargo Dévasya Dhi Mahi /Dhiyo Yonah Prachodayat

Ode à la lumière céleste – Amène les énergies positives – La connaissance. Arc-en-ciel de la lumière blanche

« O » : Univers – « M » : conscience de ce « O » – « Bhur » : la matière – « Bhuvah » : Energie vitale – « Svahah » : l’éther – « Tat » : Cela (le divin) – « Savitur » : la déesse du soleil, de la lumière – « Varenyam » : Adorable – « Bhargo » : Le rayonnement – « DévaSyaya » : Divine « Dhi Mahi » : La méditation – « Dyo » : le Germe « Yonah » : Qui va grandir – « Prachodayat » : Le « T » donne la possibilité de planter la graine, de la faire germer et de s’éveiller. https://youtu.be/7AohRaCgLbI

Holi, la fête des couleurs, du printemps et de l’amour universel

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